SAISON 01 · ME DÉCOUVRIR

En fait, j'étais
normale…

03 · 5 min de lecture · #TDAHFÉMININ #MASKING #ÉVIDENCE

Quand il est rentré en maternelle, on nous a fait tester notre fils pour un HPI mais les résultats ont été trop hétérogènes pour être interprétés.

C'était une piste mais à l'époque je ne le savais pas.

Et puis il y avait un truc qui ne collait pas complètement. Genre « oui mais pas que… »

Toute seule dans mon coin, je ne laissais pas tomber. Je voulais comprendre et être là pour lui. Un jour je suis tombée sur un flyer chez le médecin sur le TDAH. Les « vrais » symptômes.

Franchement j'en avais vraiment une idée très floue mais là…. En lisant le document, mon cœur a manqué un battement puis il a accéléré.

C'était ça ! Bien sûr que c'était ça ! Le diagnostic de mon fils a été une formalité.

Quand j'ai compris, toujours à force de chercher des infos valables, que c'était fortement héréditaire, je me suis penchée sur les symptômes des adultes. Mouais… Pas 100% convaincue. Et puis les spécificités du TDAH féminin. Ça commence à piquer.

Le masking. La fluctuation hormonale. Les changements de jobs tous les 18 mois.

Je me refais le film de ma vie, cette vie à chercher la raison pour laquelle je me sentais si différente et incapable de me plier au monde qui m'entoure.

J'ai compris que mon SPM était bien supérieur à la moyenne.

Que mon sentiment de rejet était bien supérieur à la normale.

Que mes trous de mémoire étaient bien plus fréquents que pour les autres.

Que mes lubies étaient bien plus hétérogènes et aléatoires que des hobbys traditionnels.

Que ma concentration était bien plus intense mais pas quand je voulais.

Que tout ça était… la normalité d'une personne avec un TDAH.

En fait j'étais normale.

Et moi qui me détestais de ne pas arriver à faire comme tout le monde…

J'ai beaucoup pleuré. Pleuré sur cette jeune femme qui voulait toujours bien faire et qui en faisait toujours trop. J'ai ressenti une grande bouffée de compassion pour elle. Et une énorme sensation de temps perdu.

J'étais aussi super en colère.

Puisque mon TDAH se voyait comme le nez au milieu de ma figure, pourquoi est-ce qu'il aura fallu si longtemps pour le débusquer ?

C'est pas faute d'avoir consulté pourtant : dépression, anxiété, burn-out même.

Non. Il aura fallu que je passe par mon gamin pour enfin voir mon reflet dans un miroir.

Alors quoi ?

Il n'en fallait pas plus pour que je passe en hyperfocus sur le TDAH féminin. Podcasts, interviews, magazines, bouquin de psychologie, vulgarisation scientifique, Instagram (oui aussi). Tout y est passé et j'ai compris.

Ce qui m'est arrivé n'est pas un accident.

C'est systémique.

De « en colère » je suis passée à « furieuse ». Je devais faire quelque chose pour augmenter la visibilité du TDAH des femmes.

Déjà que j'étais une féministe un peu reloue, j'allais passer dans la catégorie féministe et porte-parole de ma condition neurologique.

Une vraie perle.

Vous n'êtes pas prêts pour ce qui arrive…